[00:00.00]J'habite dans un duplex à Manhattan au coin de la 63ème [00:05.10]Jeune cadre diplômé, mes bureaux sont dans un gratte ciel, [00:08.53]Ce matin de très bonne humeur je me sens, [00:11.75]Nous sommes au mois de septembre, le 11 il me semble [00:15.54]En quittant la maison je laisse ma vie derrière moi, [00:19.46]Sans même le savoir j'embrasse ma fille pour la dernière fois, [00:23.16]Comme toujours je dis bonjour à la femme de ménage [00:26.96]En ouvrant mes bureaux du 152ème étage [00:30.40]Je suis le BOSS celui qui parle au bout de la table, [00:34.20]J'en suis tout fier, bref il est 8h00 et bientôt des poussières... [00:40.85]J'ai entendu un bruit impossible à décrire, [00:44.80]En une seconde, une secousse, des cris, des appels au secours, [00:48.86]De la fumée dans les yeux et dans le bide, [00:52.50]Triste choix, brûler dans le feu ou se jeter dans le vide, [00:56.40]Asphyxier, j'ai posé mes yeux dans le ciel, [01:00.25]Puis j'ai opté pour un vol plané du 152ème... [01:03.40]"L'apocalypse en dimension réelle.. [01:07.45]Il y aura l'avant et l'après 11 septembre 2001, [01:11.50]Avec des différences entre les terroristes et ceux qui les protégent [01:16.00]En ce moment on entend au-dessus de Kaboul, les bombardiers B52 américains, [01:21.00]Ce sont surtout les enfants qui ont besoin de soins... [01:24.70]Les habitations ont été toutes détruites et les habitants survivent dans ces amas de ruines..." [01:30.70]Je viens du pays des cagoules, là où les obus éclaboussent [01:34.60]J'habite Kaboul et j'ai 12 ans, appelez-moi Mouss, [01:38.25]Les familles sont parties, les soldats sont parterre [01:42.0]Le centre ville est en ruine, même l'école s'est faite bombarder [01:45.80]J'ai demandé à Dieu de m'épauler, ce que vous voyez à la télé [01:49.80]Moi je l'ai vu en ouvrant mes volets [01:52.75]Comme tous les jours, j'irai déblayer les ruines, [01:56.55]Comme chaque soir, les échanges de tirs vont éclairer mes nuits [02:00.35]J'ai 6 frères et soeurs, j'ai peur que la mort nous sépare, [02:04.20]C'est difficile, alors je prie pour que les missiles nous épargnent [02:07.95]Je rêve de l'université, d'un job à mi-temps, [02:11.85]Ici les gosses précoces deviennent adultes à 8 ans, [02:15.55]Victimes d'une guerre dont j'ignore les causes, [02:19.40]Des fois je fais du vélo, mais je slalome entre les corps [02:23.10]Mon père pense que le pays a tout à perdre [02:26.90]Espérant comme chacun que la guerre nous foute la paix [02:29.90]"La maison blanche, le président Bush n'y était pas [02:34.0]Notamment pour évoquer les possibles représailles des Etats-Unis, c'est ce que tout le monde attend maintenant [02:39.50]Le président américain a juré dès hier soir de venger [02:43.60]Les milliers de victimes de ces terribles attentats, on écoute Georges Bush: [02:48.30]Notre armée partout dans le monde est en état d'alerte maximale" [02:52.5]Je m'appelle Georges, je réside à la maison blanche [02:56.30]J'ai fait la guerre sans motif, de temps en temps ma raison flanche, [03:00.15]Je suis dans le pétrin, j'ai l'ONU sur les épaules [03:03.95]Je me regarde en face dans la glace, même si je tue pour du pétrole [03:07.80]En vérité j'ai la haine, je veux la tête à Ben Laden [03:11.60]Je suis fier, je mens quand je dis que j'aime la paix, [03:15.35]Dans les livres d'histoire, j'aurai laissé mon nom, [03:19.20]Je suis le président Cow-boy je déclare la guerre plus vite que mon ombre [03:23.0]Je fais croire à mon peuple que les barbus veulent frapper l'Amérique [03:26.95]Pour être sûr de taper John Kerry, [03:30.65]Je suis le shérif du monde, le chef, le justicier, le commissaire [03:34.60]J'ai un caniche qui s'appelle Tony Blair [03:38.25]Je tue des condamnés par injection à la piquouse [03:42.10]Partout où je passe on me déroule un tapis rouge [03:45.85]Je mérite le prix Nobel des belles promesses, [03:49.70]Je suis en tort mais je m'endors sans problème